2e Assises de la Proximité, le 8 février 2012 à la CCIP
09/01/2012Salle des fêtes de la Chambre de commerce et d’industrie de Paris
Aromates organise un colloque le jeudi 19 janvier 2012 – Renseignements et inscriptions http://concurrence-competitivite.fr/
L'édito de Jacques Marceau : Oui, la concurrence est le moteur de l’économie !
De toute évidence, les Français n’aiment pas beaucoup la concurrence et c’est peu dire qu’elle a mauvaise réputation, y compris auprès de certaines de nos élites.
Dans notre pays, qui n’est pas à un paradoxe près, la concurrence est au mieux considérée comme un mal nécessaire et, au pire, comme un obstacle à la prospérité pour tous, à la protection des consommateurs et à l’emploi. Ainsi, une doxa anti-concurrence bien française s’est progressivement imposée dans les esprits sous l’effet de plusieurs causes :
- La première est d’ordre historique : les Français sont en effet très attachés à la notion d’ »Egalité », placée entre « Liberté » et « Fraternité », sur les frontons de tous nos bâtiments publics et de nos écoles. Cette « Egalité » est donc ressentie et assumée, comme l’une des valeurs fondatrices de notre République et que Tocqueville avait nommé « la passion française de l’égalité ». C’est sans doute ainsi que s’est développée, dans notre pays, une vulgate égalitariste, contraire de la compétition, donc de la concurrence, celle qui gratifie les meilleurs en laissant sur le bord du chemin les moins bons. Remarquons ici que ce qui gène le Français n’est pas tant sa propre condition que le fait qu’elle soit, à ses yeux, moins bonne que celle de son voisin.
- La deuxième est profondément culturelle : le terme « concurrence » se confond avec compétition et élimination, ce qui se retrouve dans l’aversion de la sélection naturelle au sens de Darwin et qui s’oppose à la notion d’acquis, cher à la conception lamarckienne de l’évolution. Or, d’un point de vue darwinien, la concurrence associe sélection, symbiose, ce que le paléoanthropologue Pascal Picq appelle la co-pétition, interdépendance, prédation et entraide, ce qui donne la co-évolution et produit de la biodiversité.
- La troisième est la croyance selon laquelle le secteur marchand serait incapable de faire aussi bien que le secteur public en matière de services. Croyance fermement ancrée, souvent même chez les politiques libéraux, notamment dans le domaine de l’action médico-sociale. C’est ainsi que des services publics ou des associations financées par de l’argent public viennent concurrencer des entreprises du secteur marchand, créatrices de valeur et d’emplois.
- La quatrième raison est que, et en dehors du secteur des télécommunications ou du transport aérien, les dernières ouvertures de marchés à la concurrence, qu’il s’agisse de la fourniture de l’électricité ou du secteur postal n’ont pas vraiment, et c’est un euphémisme, apporté la preuve de leur efficacité, notamment en termes de bénéfices pour les consommateurs.
Depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement des systèmes économiques planifiés qui s’en est suivi, il n’y a plus beaucoup d’économistes pour douter que l’exercice d’une libre et saine concurrence ne soit l’un des principaux moteurs de l’activité économique et attribut d’une société prospère. A cet égard, la compétitivité que nous envions aujourd’hui à nos voisins allemands procède, et de toute évidence, de la vitalité d’un tissu entrepreneurial constamment stimulé par une concurrence tout aussi vigoureuse qu’organisée par une régulation puissante, ce qui les rend très efficace à l’international.
Cette différence de perception a un impact évident sur la compétitivité de nos entreprises, et les performances économiques de notre pays tout entier, y compris, ce qui pourrait sembler paradoxal, pour celles de ces fameux champions nationaux.
C’est précisément pour étudier cette différence et tenter de dégager des pistes d’amélioration de l’exercice d’une libre et saine concurrence dans notre pays et au profit de tous, que nous avons, avec le concours du cabinet Allen & Overy et des meilleurs experts allemands et français, décider d’organiser ce colloque.
Nous avons l’ambition qu’il contribue efficacement à la dynamisation de notre économie c’est-à-dire à l’innovation, à la croissance et à l’emploi.
Jacques Marceau, président d’Aromates Relations Publiques, enseignant à l’IEP d’Aix-en-Provence, cofondateur du Collectif Libre Choix