Assises du Numérique : Les premières conclusions et recommandations de “l’atelier Très Haut Débit”
Benoît Chamontin | 24/06/2008 | 09:14Le 27 mai dernier se tenaient, au Palais du Luxembourg, les Deuxièmes Assises du Très Haut Débit organisée par Aromates Relations Publiques et l’IDATE, sous le parrainage de Pierre Hérisson, Sénateur de la Haute-Savoie. Cette journée, qui était le premier « atelier » des Assises du Numérique, a permis de dégager quatre axes essentiels pour le développement du Très Haut Débit en France :
- La France n’est pas leader mais se mobilise :
Même si la France est loin derrière le Japon et ses 11,3 millions d’abonnés, mais aussi loin derrière la Suède avec plus de 310 000 abonnés FTTH/B, elle est aujourd’hui le seul pays européen où tous les grands opérateurs haut débit se mobilisent pour déployer des solutions FTTH/B (Orange, SFR neuf cegetel, Free et Numericable). Les opérateurs DSL français sont aussi très ambitieux car, contrairement aux acteurs asiatiques par exemple, ils ont décidé de déployer de la fibre optique de bout en bout, jusqu’au foyer de l’utilisateur. Cela, bien sûr, pose le problème du partage du câblage optique indoor et des conditions d’accès aux immeubles qui y sont associées.
Au-delà de la mobilisation simultanée des différents opérateurs, la France retient l’attention des experts à l’international pour l’approche réglementaire qui semble être suivie. Sans afficher comme outre-Rhin des « regulatory holidays », promptes à susciter la colère de Bruxelles, les pouvoirs publics français ont cherché à limiter les barrières susceptibles d’entraver les investissements.
. - La Fibre Optique ne sera pas la seule technologie THD, la Radio a aussi un rôle primordial à jouer :
Si la fibre optique permet de garantir sans nul doute un débit de plusieurs Gbps, on connait les difficultés à trouver un équilibre économique pour un déploiement sur tout le territoire. C’est ainsi que les technologies radios seront amenées à jouer un rôle clé dans un futur proche. D’ores et déjà la technologie 3.9G LTE (Long Term Evolution, standard favori pour la 4G) promet des débits pics de 200 Mbps. Cela, s’il en est encore besoin, rappelle l’enjeu crucial du débat sur le Dividende Numérique.
. - Des premiers usages du Très Haut Débit, mais la France doit se positionner sur les usages de demain :
L’augmentation du nombre de foyers usagers du triple play – pour lequel il y a en France aujourd’hui autant d’abonnés que dans le reste de l’Europe – est pour partie contrainte par la part des lignes téléphoniques en cuivre qui ne sont pas « éligibles ». La TVHD, les multicanaux TV, l’interactivité 2.0, la santé, les services aux PME,… tous ces champs applicatifs sont aujourd’hui clairement identifiés comme nécessitant toujours plus de bande passante. Cependant, les politiques tarifaires sont encore peu définies, et le chantier de l’innovation des nouveaux usages que permettront les Très Haut Débit reste aujourd’hui quasiment vierge.
Les pôles de compétitivité tel que celui de Rennes/Bretagne ou celui d’Ile-de-France (Cap Digital) ont identifié l’importance de ce chantier si l’on ne veut pas se limiter au déploiement d’infrastructures véhiculant pour l’essentiel des contenus conçus et valorisés hors de France et d’Europe.
. - Les Collectivités Locales auront un rôle majeur à jouer dans le déploiement du FTTH :
Certaines collectivités (CG 92, Debitex, Département de la Manche, …) se sont d’ores et déjà engagées dans la construction de réseaux neutres afin de favoriser le déploiement du FTTH, notamment dans des zones non denses. Cependant, les opérateurs ne sont pas tous en phase avec ces initiatives et recommandent qu’elles se limitent, pour l’instant, à la mise à disposition de fourreaux. L’initiative de la ville de Montpellier, associée au déploiement de Free a été citée en exemple.
Jacques Marceau, président d’Aromates, déclare : “Alors que nos premières Assises, qui se sont tenues il y a tout juste un an, posaient la question du « Pourquoi le Très Haut Débit ? », il apparaît aujourd’hui que la question centrale est « Comment ? ». Comment faire pour que le Très Haut Débit soit accessible à tous et qui paiera la note ? Voici posés les termes d’une équation complexe que les acteurs du marché, les pouvoirs publics et les politiques devront résoudre rapidement pour faire de la France un acteur majeur du numérique. Nous espérons que nos travaux les y aideront”.
Yves Gassot, directeur général de l’IDATE : “Leader pour le Triple play, la France n’est pas aujourd’hui le pays qui affiche le plus grand nombre de prises à très haut débit mais les choses pourraient changer car tous les opérateurs et les pouvoirs publics se sentent aujourd’hui concernés. Au-delà de l’identification des bonnes options technologiques et de la définition d’un cadre réglementaire adapté, ce sont les politiques tarifaires et l’investissement dans des services attractifs pour l’Internet du Futur qui doivent être placés au centre de cette grande aventure “.





